Brecht revient en France, mais lequel?

Plusieurs journaux et critiques de théâtre l’ont remarqué:il y a un retour à Brecht. Joelle Gayot dans « Le monde » : »S’il ne disparaît jamais vraiment des scènes de théâtre, Bertolt Brecht (1898-1956) s’y fait, par périodes, plus discret, moins audible. Convoqué sur les planches, cette saison, par des metteurs en scène de générations et d’esthétiques différentes, le dramaturge germanique dont toute l’œuvre tombera dans le domaine public le 15 août 2026, bénéficie aujourd’hui d’un regain d’attention et d’écoute. Le hasard n’y est pour rien.

De Grand-Peur et misère du IIIe Reich (un spectacle de Julie Duclos) à Mère Courage (texte mis en scène par Lisaboa Houbrechts et cité dans L’Esthétique de la résistance, de Sylvain Creuzevault) en passant par L’Exception et la Règle (une représentation de Bernard Sobel), les pièces du marxiste allemand sont un mode d’emploi à l’intention des sociétés contemporaines. Parce qu’elles décryptent les processus empruntés par les totalitarismes, parce qu’elles explorent les dilemmes auxquels sont confrontés les hommes en situation de crise, parce qu’elles scrutent les dégâts exercés par les autocraties jusque dans l’intimité de cercles familiaux.

Ce qui est à noter et que la critique du journal « Le monde » Joelle Gayot ne dit pas, c’est qu’il n’y a pas un Brecht mais plusieurs . Il y a l’anarchiste de 2O ans , lyrique de « Baal »,cheveux ras et regard enflammé derrière des petites lunettes d’acier. Un jeune révolté nourri de Rimbaud-qu’il plagie- il l’écrit à l’âge de 20 ans en 19181919, au sortir de la Première Guerre mondiale, dans un style libertaire et amoral. Il ne ressemble en rien au Brecht personnage officiel de 1952 décoré de l’ordre de Lénine -visage de paysan madré – admirateur de la Chine antique et de Goethe à la fin de sa vie. On peut aussi trouver à redire à l’exploiteur de ses collaboratrices, militantes antifascistes, comme Elisabeth Hauptmann (pour « Saint-Jeanne des abattoirs » et « Mère Courage et ses enfants » ) ou la si fidèle Margarete Steffin (pour « Les fusils de la mère Carrar » », « Grand-peur et misère du III° Reich », « La bonne âme de Se Tchouan » et »La résistible ascension d’arturo Ui » ou sa maîtresse Ruth Berlau pour «Le Cercle de craie caucausien» ou la militante finlandaise qui l’hébergea dans sa propriété, Hella Wuolijoki,qui qui l’aida a rédiger « Maitre Puntila et son valet Matti » .Brecht les mettait à contribution et oubliait de les mentionner au final.

Brecht reste un écrivain et dramaturge divisé. Il fut particulièrement coupé en deux entre 1949 et 1956 quand il devint à la fois un personnage officiel emblématique de la RDA avec la vitrine prestigieuse du « Berliner Ensemble » ,mais qui déteste, en secret, dans son «Journal de travail » l’état policier d’ de la RDA. Depuis les années 3O il ne cesse cesse de ruser notamment avec la bureaucratie et les consignes de l’État soviétique.

En le relisant, on se demande si c’est vraiment le même personnage qui plagie Rimbaud et Villon dans « Baal » , et celui qui ,ourd et didactique rédige une « Cantate pour l ‘anniversaire de la mort de Lénine » ou des poèmes ou des paroles de chansons qui ressemblent à des tracts. Quel est le lien entre le bouleversant testament « A ceux qui naîtront après nous » des années 2O et l’auteur de « La solution », texte objectif et froid qui condamne la répression du soulèvement ouvrier du 17 juin 1953 quand la milice tira dans la foule.

Où est le lien entre l’exquis et ironique « Voleur de cerises » écrit au Danemark en 1940  avec la douloureuse sagesse résignée des « Élégies de Buckov », qui tourne parfois à la pure détresse, quand le gouvernement Ulbricht le tient sous sa surveillance policière et l’empêche de travailler librement «  Dans le petit matin/Les sapins sont de cuivre/Je les voyais ainsi, /Voilà un demi siècle:Et deux guerres mondiales,/Avec de jeunes yeux. » Ou bien : « Vais-je à temps dans le néant,/J’en retourne les mains pleines. / Quand je hante le néant,/Je retrouve mon chemin. »

Comme Picasso, Brecht fut donc un artiste protéiforme, caméléon, écrivain à « périodes »,à influences diverses (depuis le poete latin Horace jusqu’ à Confucius, depuis les articles de journaux russes ou américains jusqu’aux chants spartakistes jusqu’aux sermons de la Bible, sans oublier de Kipling Diderot, Isherwood,et autres. … Brecht n’est pas un. Il est carrefour d’influences et un cercle de contradictions.. C’est à aprtir de 1929, qu’il ce convertit au marxisme. A cette éppque ,il devient militant pédagogique, Le marxiste hégélien rêve de mettre en vers le « manifeste du Parti communiste ». Il adapte librement le roman « la mère » d’après Gorki. La troupe qu’il a formé avec son épouse Hélène Weigel à Berlin se trouve désormais directement confrontée aux nazis. Les représentations sont interrompues par la police. Et ne reprendront sous forme de simples lectures publiques. En même temps, il manifeste dans sa « période expérimentale » un intérêt pour le cinéma, la radio, le cirque, cherche sans cesse des formes nouvelles . Jusqu’à sa mort Brecht bousculera les règles de la dramaturgie de son époque, s ‘acharnera à tuer la « vieillerie petite bourgeoise » , ce qui lui vaudra des malentendus aussi bien avec le théatre allemand que des metteurs en scène américains de Gauche. Le « Berliner Ensemble »lui permettra enfin d’appliquer sa méthode, à pârtir de 1949., former et éduquer les comédiens mais aussi le public à un théâtre « épique ». Sa révolution sera admirée aussi bien à Berlin-Ouest que dans le reste de l’Europe et à Paris, où Barthes et Bernard Dort déclarent leur enthousiasme.Cette « Mère courage » va influencer deuix génération entière ,celle qui réussit, de Vilar à Planchon, de Jo Tréhard à Vitez la décentralisation culturelle française .

A partir de 1933, Brecht connaît une interminable période d’exil. C’est la période « valises et petit poste de radio ». Brecht et Hélène Weigel quittent Berlin le jour même de l’incendie du Reichstag. Direction Prague, Vienne, puis Paris en mai 1933. En août le couple achète une maison à toit de chaume au Danemark à Skovbostrand. Le couple y restera jusqu’en printemps 1939. un voyage à Moscou au printemps 1935 au cours duquel il comprend les difficultés multiples et quasi insurmontables pour s’installer et travailler en Union Soviétique sous Staline . Il fait une rencontre capitale , Ruth Berlau, comédienne danoise en vue, nommée « Ruth la rouge » qui aprés avoir vu, en tant que jeune journaliste, la vitalité, à Moscou, du théâtre russe, est acquise aux idées communistes, Elle jouera un grand rôle dans sa vie privée. Elle le suivra dans son exil américain.

Au cours de cette période danoise(1933-1939) Brecht au printemps 1935 fut officiellement invité à Moscou . L’idée de peut-être s’y installer l’avait effleuré bien qu’on ne montât point ses pièces. Les officiels soviétiques lui suggèrent un marché : on jouera ses pièces et on publiera ses écrits s’il prend une position claire et nette contre les nazis et surtout s’ il s’aligne sur les consignes du Komintern. Brecht, méfiant, se tien,t sur la réserve.

Une période heureuse s’ouvre en avril 1940, quand Brecht et ses proches s’installent en Finlande. « Eaux riches en poissons ! Forêts de très beaux arbres !/Odeur de bouleaux et de fruits sauvages !/Vent polyphonique, faisant tanguer un air /Si doux que l’on croirait ouverts des bidons de lait/qui là-bas descendent en roulant la ferme blanche ! »

C’ est à cette époque que Brecht écrit la bouffonnerie «  Maître Puntila et son valet Matti », cette comédie au comique percutant. C’est également en Finlande qu’il écrit en mars et avril 1941, avec Margarete Steffin, « La résistible ascension d’Arturo Ui » , pièce maîtresse de son œuvre . C’est aussi en Finlande, qu’après avoir lu avec jubilation « Jacques le fataliste » de Diderot, Brecht compose un étincelant « Dialogues d’exilés » qui transforme ses malheurs d’émigré en réflexions moliéresques sur la solitude de l’individu face aux états totalitaires. Ici, la dialectique hégélienne , menée par les deux personnages de Kalle et Ziffel, se mue en flèches ironiques  acérées : »Le passeport est la partie la pus noble de l’homme » ou « dans un journal, un spécialiste des questions logistiques note avec inquiétude que,pour les militaires, la population civile est devenue un problème sérieux. » Ou bien : «  La meilleur école pour la dialectique, c’est l émigration.Les dialecticiens les plus pénétrants sont les exilés.Ce sont les changements qui les ont forcés à s’exiler, et ils ne s’intéressent qu’aux changements. »

Après avoir longtemps attendu des passeports américains, Brecht quitte la Finlande le 16 Mai 1941.Il traverse l’union soviétique, laisse sa plus fidèle collaboratrice à l’agonie dans un hôpital de Moscou, prend le transsibérien pour gagner Vladivostok. C’est en approchant du lac Baïkal qu’il apprendra, par télégramme, la mort de sa collaboratrice.

A bord de « L’Annie Johnson », il traverse le Pacifique. Mais avant d’ affronter la douane américaine il jette par dessus bord les œuvres de Lénine qu’il gardait dans ses bagages. C’est le paradoxe de Brecht qui se méfie du régime soviétiques et préfère se réfugier auprès de l’ennemi capitaliste pour y travailler au calme.Avec l’argent de la vente de sa maison scandinave et les économies de Steffin,il pourra vivre en Californie.Une consolation , Brecht retrouve la communauté allemande, Heinrich Mann, le couple Feuchtwanger, Alfred Döblin, le cinéaste Fritz Lang, Peter Lorre. Il fait aussi la connaissance d’Aldous Huxley, de Charlie Chaplin, d’Igor Stravinski,Greta Garbo Il retrouve également Salka Viertel, vieille amie de Berlin devenu scénariste à succés. Le travail ne suit pas. « La vie m’a semblé presque nulle part plus difficile qu’ici, dans cette morgue de l’easygoing. »

Il garde une vieille haine envers Thomas Mann, se sent méprisé par Hollywood et ne fait aucun effort pour parler anglais.La perte de Margarete Steffin ,qui avait pris une grande part dans sa création, le perturbe encore. Comble de malheur sa maîtresse Ruth Berlau part travailler à New-York pour l’Office of War Information. Son épouse Hélène Weigel, grande actrice en Allemagne, ne trouve aucun contrat de travail. Trop âgée. Brecht résuma son malaise par ce poème devenu célèbre : « Tous les matins, afin de gagner mon pain,/Je m’en vais au marché aux mensonges./Plein d’espoir/ Je rejoins la queue des vendeurs. »Après l’attaque de Pearl Harbor, les émigrés dont mis sous surveillance. En juin 1942, le Fbi le surveille particulièreent ce Brecht car ses nombreux voyages à Moscou, et sres nombreux écrits marxistes inquiètent . Une voiture note ceux qui fréquentent sa maison. C’est pourtant à cette époque que Fritz lang le fait travailler sur le scénario « Les Bourreaux meurent aussi », film sur l’assassinat de Heydrich « protecteur » nazi , tué par la résistance tchèque. Le film est excellent, mais Brecht se plaint de n’avoir pas été assez écouté par Lang.C’est pourtant avec l’argent gagné sur le film que Brecht peut s’installer dans une maison spacieuse à Santa Monica.

Ce qu’il pense d’Hollywood dans son journal de travail ? »Même les écrivains d’Hollywood les plus routiniers, qui depuis 10 ans fabriquent des scripts à la chaîne, ressentent encore, à une certaine phase de chacun d’entre eux, l’espoir de faire passer cette fois quelque chose de meilleur, d’un peu moins vil, par le biais de telle ou telle ruse, grâce à telle ou telle circonstance heureuse.Cet espoir est toujours déçu, mais sans lui ils ne pourraient pas faire leur travail ; -Et ces films vils et malpropres ne verraient pas le jour. »

Le 30 octobre 1947,la commission des activités anti américaines convoque Brecht à Washington. Il répond aux accusations d’être un communiste. Aucune inculpation.Mais le lendemain 31, Brecht prend l’avion pour Paris.

Il rejoint Zurich où l’attendent ses vieux amis, notamment Caspar Neher. Surtout il reprend ses repères .Le plaisir de retrouver les paysages de l’Europe est immense : » Le premier printemps européen depuis 8 ans, note-t-il dans son journal à la date du 12.4. 48 .Les couleurs de la végétation, tellement plus fraîches et moins crues qu’en Californie.Les arbres fruitiers le long de la voie ferrée s’enfonçant dans Zurich. »  » C’est avec Neher que Brecht travaille sur une adaptation d’Antigone Brecht s’intéresse de plus en plus à la philosophie de Confucius.   Il travaille sur « Le petit organon » essai théorique pour mener à bien son grand projet de modifier de fond en comble les règles du théâtre. Effet de distanciation et théâtre épique.»Une certaine manière d’apprendre est le plaisir le plus important de notre époque, si bien qu’elle doit occuper une grande place dans notre théâtre.De la sorte j’ai pu traiter le théâtre comme une entreprise esthétique, ce qui me permet plus facilement d’exposer les diverses innovations. » Il ajoute : » « Faire du plaisir l’objet du théâtre, se défend comme moi des théories qui veulent atteler le théâtre à la morale(et ainsi l’ennoblir) mais remet tout en ordre l’instant d’après du fait qu’il ne peut concevoir le plaisir sans morale,i.e.,le théâtre ne satisfait pas aux lois de l’éthique en procurant du plaisir,mais ne saurait prétendument procurer du plaisir s’il n’était moral. » La dialectique brechtienne, il faut suivre…

Voir jouer ses pièces, et notamment « Maître Puntila et son valet Matti » à Zurich le rassure . Il n’est pas oublié. Et toutes les innovations qu’il a en tête depuis tant d’années , il va pouvoir les appliquer. En rfevenant à Berlin, comme le lui conseille son épouse Hélène Weigel, qui, elle a sa carte de membre du parti communiste allemand.

Il rentre à Berlin le 22 octobre 1948 dans une ville en ruines.

 Le lendemain à six heures trente du matin :« Je descends la wilhelmstrasse détruite vers la Chancellerie du Reich.Disons pour aller fumer là-bas mon cigare.Quelques ouvriers et quelques femmes des décombres.les décombres m’impressionnent moins que la pensée de tout ce que les gens ont dû faire pour contribuer à la destruction de la ville. » Il note aussi : »Berlin, eau-forte de Churchill d’après une idée d’Hitler. »

Grâce à ses multiples anciens amis de la culture, et des collaborateurs ayant vieilli mais fidèles, , il obtient de pouvoir travailler. Dans son « journal » il se plaint d’être toujours reçu froidement par les autorités , depuis le Bourgmestre de Berlin est jusqu’au la fédération artistique. Il traduit des pensdées de Mao Tsé-Toung.

Il est sans cesse choqué par le spectacle d’ouvriers en haillons traités en esclaves et de femmes qui déblaient les ruines de la ville , ne recevant qu’une misérable soupe le soir. Artistiquement il ouvre un énorme chantier grâce au succès de « Mère Courage » au Deutsches theater . Et début années 5O, il peut pleinement donner la mesure de son talent grâce au « Berliner Ensemble constitué le 12 novembre 1949mais   dont les clés sont confiées à Hélène Weigel. Ce « Berliner » deviendra célèbre dans toute l’Europe, mais décrié par ses ennemis de l’intérieur en RDA. Il a contre lui ceux qu’il appelle les « adversaires du formalisme».

Quand Brecht présente« Puntila et son valet Matti »,succés et nombreux rappels .« Les russes avaient laissé la loge centrale au nouveau gouvernement qui a pris part aux rires » note-t-il. Les moment d’euphorie vont se raréfier au fil des mois . « De l’idéologie, encore de l’idéologie, toujours de l’idéologie. Tout rassemble vaguement à la description d’un mets où rien n’est dit de la saveur. »

En mars 1953, il confie à son journal son total désenchantement.   « Les représentations de Berlin n’ont presque plus aucun écho.dans la presse,les critiques paraissent des mois aprés la première et il n’y a rien dedans, sauf quelques misérables analyses sociologiques.Le public est le puBlic petit-bourgeois de la Volksbühne ,les ouvriers font à peine 7 %. » Brecht se refugie alors dans sa petite maison de Buckov, dans la grande banlieue de Berlin, au bord d’un lac. Il sait qu’on le surveille. On fouille dans sa voiture ,on critique sa lecture de journaux étrangers, les mœurs de sa vie privée. »L’effrayant 17 juin »,1953 apporte la rupture .Il entre alors dans un grand hiver mental. Une sorte d’exil intérieur. « Les élegies de Buckov » expriment, souvent par métaphores cinglantes , son dégoût pour le régime.L’aigle prussien/Quand il donne aux siens la pâture,/L’enfonce à grands coups dans les jeunes becs. » Il évoque aussi sa jeunesse et fait le bilan en bref poèmes elliptiques et d’autant plus puissants. . Cette dernière période ( 1953-1956)lui permet aussi d’accéder à une sorte de réconciliation avec ce qui l’entoure,ce qu’il y a de plus immédiat, de plus quotidien, de plus familier, quelques objets,ne machine à écrire, une estampe chinoise, un rosier, une barque, la chemise légère pour l’été,un cigare , un chien,le petit poste de radio qui l’informe de ce qui se passe dans le monde.Il est de plus en plus intéressé par l’art des Haïku japonais,c’est tout à fait évident quand il décrit ses derniers étés à Buckow dans sa maison de campagne, face au lac.:
 » Jour torride. Ma machine à écrire sur les genoux
Je suis assis dans le pavillon. Une barque verte
Au loin fend la prairie. A sa proue
Une nonne épaisse, lourdement vêtue. Devant elle
Un homme plus âgé en costume de bain. Un prêtre sans doute.
Au milieu, sur un banc, ramant de toutes ses forces,
Un enfant. Comme aux temps d’autrefois! pensai-je
Comme au temps d’autrefois 
»

Brecht joue aux echecs avec Walter Benjamjn en 1939 à Lidingö


Il y a là un souvenir d’enfance tout à fait précis.A Augsbourg,le petit Brecht ,des fenêtres de la maison de ses parents, avait une vue sur un jardin d ‘un cloitre d’Ursulines. Il était fasciné par ces religieuses « dans des habits épais ». N’oublions plus non plus combien il fut dans sa enfance , fasciné par la Bible,que ses parents lisaient  Il a calqué bcp de ses poèmes sur la forme des « sermons » luthériens.
Enfin, l’homme ,désemparé par son isolement idéologique, dans ces années là réussit à trouver une expression poétique pour ce qu’il nommait la notion de « Freundlichkeit », une « amitié », au sens modeste, complice, un retirement, une sagesse en quête d’harmonie intime avec ce qui l’entoure quotidiennement .

Vergnügungen
« Le premier regard par la fenêtre, le matin
Le vieux livre retrouvé
Des visages ardents
la neige, les saisons qui changent
Le journal
Le chien
La dialectique
Se doucher, nager
La musique ancienne
Des chaussures confortables
Comprendre
De la musique nouvelle
Écrire, planter
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Être amical »

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