La villa

J’aime les villas, surtout les villas bretonnes. Dans les années 90 j’en louais une différente chaque été, presque toujours en Bretagne nord. Simplement j’en changeais   pour humer des nouveaux ameublements, découvrir des vaisselles anciennes, des mauvaises peintures , de gros bahuts bretons  .


Je me souviens notamment d’une villa avec sous-sol habitable, frise de céramique, balcons vert bouteille et encorbellement en briques à Saint-Lunaire, avec un minuscule jardin aux buis taillés. Dans la cuisine immense, de hauts placards à grosses clés  protégeaient des  plats ovales  pour fruits de mer, des soupières en faïence, et aussi  de mystérieuses  graines dans des pots à moutarde .Dans  les tiroirs une collection d’ustensiles métalliques ressemblaient à des instruments chirurgicaux, pour décortiquer tourteaux bulots, araignées de mer  et bigorneaux .


Sur la table  Formica  de la cuisine , nous aimions, les enfants et moi,  disposer ,sur une toile cirée écossaise , un assortiment d’assiettes anciennes à dessert,  décorées avec des gravures des fables de La Fontaine .Le  jardin minuscule et sa pelouse  desséchée ouvrait sur la mer. Dans la véranda, il y avait un téléviseur détraqué et poussiéreux et des sièges aluminium en nylon sur lesquelles ont avait empilé des revues de moto. Complicité chaleureuse des choses muettes.  Un amoncèlement de boites de jeux genre Monopoly ou jeu de l’oie occupait le dessus d’une commode en pin dont il manquait les tiroirs Il y avait également une armoires à pharmacie aux angles rouillés avec à l’intérieur des  flacons de crème solaire, des bâtonnets ouatés, et plusieurs  tubes racornis de nitrate d’éconazole.

-Il devaient avoir des mycoses ! dit ma femme.
 Mais ce qui m’attirait, c’était ce que je nommais des « indices » laissés par les familles qui avait nous avaient précédé., comme ces éraflures et traces de caoutchouc laissées sur les plinthes d’un couloir, ce qui suggérait qu’un enfant avait circulé comme un fou avec un tricycle. Ou bien les espaces jaunis dans un mur qui signalaient des déplacements de meubles, des cadres ôtés, une bibliothèque déplacée. Ou la tache grasse au-dessus d’un lit, sur le mur, car quelqu’un appuyé sa tête et ses cheveux en lisant avant de s’endormir.

 La voisine qui possédait les clés m’avait indiqué où se trouvait la bouteille de Butane de rechange dans le garage. Pendant que je manipulai des masques de plongée sous- marine au caoutchouc fendillé cette femme me déclara :

-Depuis le cancer affreux de son mari, il y a trois ans, Madame Legrelle ne vient plus, je ne vois même plus les deux grands enfants non plus, eux que j’ai connu tout petits . Je me demande ce qu’ils deviennent à Châteaudun.  Son mari était ingénieur » en quelque chose.Il était fou de son voilier ! 

Je ne sais pas pourquoi, cette information m’intrigua. Je n’en parlai pas à ma famille. Mais de retour dans le grand salon, devant la baie vitrée, je trouvai que la lumière sur la mer avait pris une qualité différente. C’était un peu comme si la voisine m’avait confié, avec le fantôme de cet homme ravagé par un cancer, un secret   qui ne devait appartenir qu’à moi et qui se collait à moi.

  Je scrutai donc trois   photos de vacances   posées sur le piano droit pour y déceler un signe du malheur On y voyait la famille entière, avec des pulls marins. Ils avaient tous un sourire de commande    sur le pont d’un voilier.  Sur une des photos, dans un cadre d’argent, un jeune garçon brandissait quelque chose de gluant qui ressemblait à un poulpe. La femme, mince, jeune, en maillot deux pièces à pois, allongée dans un transat, exhibait un ventre lisse et clair en tenant ses lunettes de soleil à bout de bras.il y avait des buis derrière elle. Son mari, lui, massif, poilu, âgé, en polo noir, un vrai taureau, avec bras musclés, cheveux en brosse, rouflaquettes, était penché vers elle pour lui montrer quelque chose qu’il tenait dans la main. J’étais surtout intrigué par les sourcils énormes de cet « ingénieur en quelque chose ». Il faisait songer à une créature de Neandertal habillée Ralph Lauren. Ce couple   ne paraissait pas du tout assorti. En passant, ma femme jeta un œil sur la photo et dit : – la jeune garce et le vieux salaud ! 

J’ajoutai :

-Je ne les vois pas baiser ensemble.

J ’errais un moment d’une pièce à l’autre, passant de la cuisine lumineuse et océanique jusqu’à une pièce vide à l ‘autre bout du couloir, une ancienne chambre avec son papier peint fleuri. J’essayais de retrouver une villa de vacances, mais non, un voile la couvrait. Il y avait simplement trois ou quatre nounours dans un fauteuil de rotin et une vieille valise de tissu, fermée à clé et qui m’attirait.   J’examinai chaque pièce    comme si une pellicule de poussière et de néant avait rongé cette famille souriante habillée chère, prisonnière ad vitam aeternam des photos kodachrome sur le piano. Désormais, j’évoluais dans ce qui était devenu « la maison du malheur »

Quand le matin, ,j’entendais  les cris de mes enfants dans la cuisine, au milieu de bruits de vaisselle, quand je croisais ma femme sortant demie nue de la salle de bain, guillerette, embrasseuse, j’avais le sentiment que ma famille  avait le privilège  de vivre dans un versant ensoleillé  et innocent de la vie  qui m’était refusé .Je stagnai  dans les parages des vies qui s’effacent .Il était difficile d lutter contre ce sentiment qui nous affirme en secret que les photos  nous avertissent que nos vies sont   si éphémères   qu’elles s’estompent déjà au beau milieu de nos vacances. Il suffit de retourner le cliché et nous disparaissons même avant notre propre mort, au milieu d’une petite famille enjouée qui s’éclabousse dans les vaguelettes tandis que la temps s’annonce beau sur toute la zone côtière et qu’on achète des langoustines.

 Même les beaux yeux clairs de la jeune fille de l’Agence, qui est passée aujourd’hui, venue voir « si tout allait bien » dans ma nouvelle villa  , n’a pas complétement fait disparaitre    le rythme invisible mais lancinant  de mes appréhensions  cachées.


 

24 réflexions sur “La villa

  1. L’homme moderne garde en lui une partie de l’ADN néandertalien et donc non seulement le monsieur sur la photo mais toi aussi. mais peut-être qu’à l’instar de la grand-mère d’Yves Coppens qui pensait que son petit-fils descendait certes du « singe » mais certainement pas elle, ne vois-tu pas les choses de cette façon ? 😉

    A bientôt … je vais bosser et … me louer une villa à St Lunaire ou Arcachon ou au Cap Ferrat, dans mes rêves … éveillés et sous contrôle.

    (car cette nuit, je me demande si je ne me cognais pas aux murs d’une vaste villa … mais une atmosphère glaciale y régnait comme dans le « ghost writer » de Polanski + vampires horribles, agressifs et assoiffés …)
    soupir : voilà la dure rançons de ma lecture de l’ « Entretien avec un vampire » d’Anne Rice, sur conseil des médiathécaires alors que ce n’est pourtant pas le livre génial annoncé … bref …

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    • A propos de Flaubert et de l’antisémitisme,
      Quand il apprend la mort de Lévy, voici ce qu’écrit Flaubert : » Non, je ne me suis pas réjoui de la mort de Michel Lévy, et même j’envie cette mort si douce. N’importe ! Cet homme-là m’a fait beaucoup de mal. Il m’a blessé profondément. Il est vrai que je suis doué d’une sensibilité absurde ; ce qui érafle les autres me déchire. Que ne suis-je organisé pour la jouissance comme je le suis pour la douleur ! »
      Je n’ai évidemment pas relu ces jours derniers toutes les pages de la correspondance de Flaubert traitant de ses rapports avec son éditeur, mais j’aimerais qu’on me donne avec précision les dates des lettres dans laquelle Flaubert manifeste son antisémitisme .L’antisémitisme est évident chez G . Sand, lettres et romans compris, mais j’ai beau feuilleter la correspondance en pléiade. Je ne trouve pas. Il faut donc que j’achète le texte sur ce « couple explosif » dont parle notre hôte.

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  2. Le charme des villas, location meublée.
    Ai connu cela en Italie…
    Surtout lorsqu’une une histoire y demeure par les objets!
    Et au total, cela se termine sur le constat d’une possession charnelle!
    Bonne journée Paul Edel.

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  3. Paul Edel, vous avez légèrement modifié votre texte ou bien j’ai la mémoire qui flanche (&/ou à la 2ème lecture, n’étant plus tt à fait la même puisque ns changeons ts avec le passage du tps, je réagis un peu différemment) ?

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  4. eh bien moi, je trouve que le si infâme houellebecq n’a rien à vous envier, ou l’inverse… PaulEdel Raison dit la même chose sur la mort qui s’embraye en lui, à regarder les photos jaunies des jours heureux avec sa femme et ses enfants…, histoire aussi de réactiver les délices d’un érotisme défaillant… Bien sûr, l’autre romancier le dit plus crument…, mais cela revient au même, finalement… Je suis frappé par les nombreux parallélismes émotionnels du roman « anéantir » (maison du malheur) avec la nostalgie des souvenirs lumineux de vos vacances enfuies (maison du bonheur)…,
    Bàv,

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    • L’infâme Houellebecq JJJ possède au moins une grande qualité: c’est que l intérêt si grand que lui portent les lecteurs dans toute l’Europe(j ‘ai vérifié en Allemagne et en Italie, papiers critiques et ventes) oblige donc certains critiques en France dans les journaux et magazines à des contorsions hypocrites pour affirmer d’une part que le livre est intéressant (étant donné son succès de librairie difficile d’aller contre un tel phénomène sociologique) mais c’est exprimé sur un ton si réticent, louvoyant, embrassé, un peu tordu, qu’on reste perplexe ayant fini l’article.. On en découvre certains qui tournent autour du livre sans vraiment analyser sa thématique ,se contentant s d’un survol, sans argumenter littérairement et frontalement, sans vraiment entrer dans le dur des sujets qu’il expose, ne s’aventurant pas à mesurer son évolution (depuis ses premiers textes) qui est passionnante. car il a pas mal changé . .Bref, on se débarrasse du bouquin ,joliment, sous les fleurs de quelques adjectifs et d’un ronron habituel de promotion .
      .Je préfère le combat acharné de Pierre Assouline, depuis des d’années. Au moins, c’est net et franc,stable.

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  5. Oui, mais sa persistance dans l’être de ce combat « entété », n’a rien de méritoire à mes yeux…Ce fut son postulat d’emblée, dont il ne peut plus se dépêtrer lui-même. Et comme vous le dites avec justesse, il ne serait pas du genre à mesurer l’évolution de cet auteur »…, Il est des intransigeances coupables chez des esprits talentueux, qui achèvent hélas de les discréditer…, tel son intérêt indéfectible pour un Céline, dont il faudrait tout « prendre », y compris les pamphlets orduriers. Eh bien non aux imbéciles qui ne veulent jamais changer d’avis, y compris sur leur lit de mort !… Je les plains, bien plutôt que de les admirer, et vous n’êtes certainement pas de cette race, Paul. Heureusement, d’ailleurs la publication de vos carnets vous honore…, je me souviens juste de ce moment où vous nous disiez avoir en horreur ces gens racontant leur vie privée sur les blogs… Vous avez pas mal évolué depuis, ce me semble, et comment !… Et vous êtes humainement bien plus intéressant… Merci pour la généreuse évocation de vos villas bretonnes,
    bàv –

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  6. Ce que j’essaie de vous dire, c’est d’être bien persuadé de pouvoir trinquer d’une mousse avec vous à la terrasse d’un bistrot breton sans l’ombre d’une hésitation ou du moindre malaise, alors qu’il m’est impossible même d’imaginer pouvoir en faire autant avec lui, genre Lutetia ou Closerie des Lilas, j’imagine pas ailleurs,…
    (bon, maintenant je sors).

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  7. ce que j’aime ici c’est qu’inévitablement, et quand bien même on ne le voudrait pas forcément, on est amené à un moment dans le mois à aller voir sur la République des livres ce qui s’y passe…

    Préambule : j’ai lu quatre romans de Houellebecq (Extension du domaine de la lutte, Les particules élémentaires, La carte et le territoire et Plateforme) – aucun de ses essais, aucun de ses poèmes.
    Je crois avoir saisi un début d’évolutions mais n’ayant pas lu les quatre derniers, je ne peux me prononcer …

    Merci pour cette fois-ci … Je le trouve bien, moi, le billet de Pierre Assouline quoique sans réelle nouveauté sur le sujet.
    Il relate la construction de l’inévitable buzz auquel on ne peut couper (à moins de vivre dans une grotte ou dans une extrême pauvreté où seuls importent les besoins strictement vitaux ) autour de la sortie désormais de tout livre de Houellebecq. Il évoque le fossé réel existant entre les succès de vente de cet auteur et certains critiques et analystes littéraires. Il questionne le style de Houellebecq et sa perspicacité même à refléter et analyser notre monde occidental. Il affiche clairement la couleur. Il ne dit pas que c’est nul mais il préfère Modiano et Michon. (et moi aussi).

    Dans la fiche wikipédia Houellebecq : celui-ci est rapproché de Zola, Balzac, Brett Easton Ellis. Bien que je reconnaisse à Houellebecq d’être indubitablement un auteur de notre temps qui parle de notre temps, selon sa perception, ses moyens et ses armes, et par accès de façon pertinente voire drôle, les bras m’en tombent … ah bon ? Il n’atteint pas ses auteurs.
    Son écriture devenue très (trop ?) hétérogène et la façon dont certains passages partent en vrille, se gonflent et se dégonflent aussi sec et misérablement jusqu’à déception, irritation et lassitude du lecteur (auto-sabotage volontaire ? mais peut-être est-ce voulu ? la patte Houellebecq même mais qui ne me réussit pas ?) pèchent à ce niveau. Chez Balzac aussi il y a bien des faiblesses de construction, de style mais cela reste assez génial (aussi géniales que les fausses notes de Glenn Gould, quoi).

    Jamais trouvé – à aucun niveau que ce soit – Houellebecq génial.
    Je ne rejette toutefois pas l’idée qu’on tient peut-être avec lui effectivement le Balzac de notre époque …
    >>> Pour pomper certains, on a sans doute actuellement en France les penseurs, les philosophes et le Balzac qu’on mérite … quoique cela soit à relativiser en ajoutant « sur lesquels certains médias pointent les projecteurs » car en réalité il en existe tout un tas à propos desquels on ne dit rien … à qui on ne tend jamais le micro.

    Paul Edel, (et sans flatterie aucune) la filiation que tu as dressée entre lui et Sartre et la Nausée de Sartre est plus intéressante … même si elle semble ne s’appareiller bien qu’à Extension du domaine de la lutte et aux Particules élémentaires où est traité, plutôt excellemment, le thème de la dépression. Houellebecq écrit très bien sur la dépression.

    Extrait du billet De Pierre Assouline : « Une ambiance parfois « Baron noir », espoir vite déçu car c’est bien moins cruel. »
    Exactement ce que j’ai ressenti en lisant « la carte et le territoire ». Je n’ai pas vu en quoi, contrairement à ce que soutenaient certains critiques, le regard et la critiques du monde de l’art contemporain et du marché de l’art étaient corrosifs, méchants et cruels… ou même la critique de la société de consommation quand le personnage principal se balade, à la limite de l’extase, dans le rayons de son hyper marché favori. C’est bien simple, en fait, je n’y ai même pas vu, ou à peine, de critique.
    nan, nan, pas vu, pas vu.
    En revanche dans ce bouquin (je crois me souvenir que c’est dans celui-ci), le traitement du « double Houellebecq » était autrement plus agressif, sans concession, terrifiant et impressionnant.

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  8.  » le regard et la critiques du monde de l’art contemporain et du marché de l’art étaient corrosifs, méchants et cruels…  »
    Enfin, je ne sais comment nommer la démarche que prête parfois la critique à Houellebecq : regard, questionnement, critique, remise en cause ?
    Dans la carte et le territoire, j’y ai vu plutôt, voyons, une forme de description quasi factuelle teintée d’une une sorte de moquerie …
    Rien de bien violent, ni de profond ni de cruel. pas grand chose de la bouteille de vitriol en pleine poire, vantée.

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  9. bien inégal : il frappe juste, il déforme et caricature, il est à côté de la plaque, Il peut briller et s’éteindre vite, tout cela au sein de la même page …

    ça me déroute et m’agace.

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  10. Allez, (sur la base des seuls romans que j’ai lus, toujours, hein), je lui reconnais de très bonnes pages sur la dépression, la solitude et la misère sexuelle, la frustration, le travail et la vie de bureau, la sociale- démocratie et …Pif gadget.

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    • Un long article intéressant sur le dernier Houellebecq dans le  » corriere della sera » dont le titre est :
      « Houellebecq evita l’apocalisse e ritrova l’amore »de STEFANO MONTEFIORI.
      Dans cette lecture attentive, l’auteur de l’article met en évidence le virage philosophique de Houellebecq depuis « sérotonine. » Il remarque aussi que l’écrivain dans « Anéantir » rend hommage appuyé à un autre écrivain, prophétique selon lui, Maurice G. Dantec. Peu d’articles parlent de cet hommage, ce qui intrigue . (je n’en ai trouvé aucun..à vrai dire..) On se souvient que Dantec, mort en Juin 2016, à 57 ans, fut un grand subversif cyber punk. Il publia Villa Vortex (2003), Cosmos incorporated (2005), Comme le fantôme d’un jazzman dans la station Mir en déroute (2009), Satellite Sisters (2012) et l’ultime Les Résidents (2014) qui se veulent des « guérillas transfictionnelles en autocréation permanente » .Dantec aimait et pratiquait le rock comme Houellebecq,c’ était un auteur original, ayant quitté la France et devenu canadien. D’un pessimisme absolu, il s’était enfermé à Montréal dans son bureau qu’il nommait « le laboratoire des catastrophes générales » (on comprend que Houellebecq l’ait lu de prés..) ,et il avait scandalisé une grande partie de la presse française en publiant « Le Théâtre des opérations, » où il se déclarait catholique, royaliste et réactionnaire, rejoignant Renaud Camus dans sa défense de l’Occident chrétien contre l’islam…Je crois qu’i faut toujours prendre au sérieux Houellebecq quand il affirme ses filiations et ses admirations littéraires. Il ne le fait jamais sans vraie raison.

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  11. St Houellebecq des Libraires Les livres de St Houellebecq sont très recherchés en raison inverse de leur rareté.Dieu sait pourquoi. Une rapide exploration montre que « Rester Vivant « plafonne à 1500 Euros, ce qui est l’équivalent approximatif d’une originale des Diaboliques, mais quand même moins que celle de la Bovary. « L’Histoire des Civilisations boréales, » coecrite et cosignee avec. Mme Morawetz, il est vrai diffusée par un petit éditeur, atteint l’ Annapurna à 5000, ce qui, dans le domaine du livre ancien pourrait correspondre à une très belle pièce, façon originale des Tragiques, de d’ Aubigne. « « « « L’Extension « en e.o est loin de ces sommets et retombe en comparaison à 105. Mais ,avec un envoi, bondit à 1500. La même raison rend plus dispendieuse Serotonine ou il faut débourser entre 2000 et 2500, selon la présence ou l’absence de l’ envoi ( « une citation » comme l’affiche le vendeur.!) Si « l’Impossibilite d’une Île « tombe à 5, (un libraire lucide?), les Particules oscillent entre 600 et 80.Enfin Un aphorisme autographe signé tombé de la Houellebecquienne plume et réutilise dans un de ses romans se paie 2500, ce qui est cher pour une relique , et 2500 aussi la Carte, dont on souhaite, pour le prix, qu’elle soit sur grand papier. Cette consécration par la hausse du marché prétendu Bibliophilique inquiète un peu. Durera-t-elle? On spécule beaucoup à mon humble avis. Retombée bibliophilique du phénomène de société décrit plus haut.

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  12. En effet, attention à la bibliophilie (manie un peu écoeurante d’après Gracq,je crois). « Deux Hommes » (cycle de la vie et aventures de Salavin) Geoges Duhamel, coffret (très élégant, parfait état) avec 29 gravures sur cuivres de Gaston Besset 1949…15 euros…

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  13. En comparaison, les deux Editions du Rivage des Syrtes, celle des Prix Goncourt de l’imprimerie Nationale de Monaco, avec le paragraphe malicieux de Gracq en exergue disant qu’il en est du prix comme certains tableaux de maître, ils sont attribués,et celle moins courue du Cercle du Livre Français au Canada sont elles tout à fait abordables. L’ e.o Corti, y compris celle sur son mauvais papier , aurait tendance elle a flamber chez des libraires slamisés et peu scrupuleux…

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  14. J’aime bien ces souvenirs, l’énumération des objets et photos des anciens locataires qui suggère la persistance de leur présence. On dirait le début d’un Stephen King

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  15. Lamartine est parfois un grand comique, notamment dans le Toussaint-Louverture, qui pour épouser une bonne cause, n’en est pas moins mirlitonesque. « « Reptiles dont je suis et la main, et la tête. » Muller et Reboux ont également bien saisi à quoi l’amenent les métaphores chantournées et les notes inutiles. Comparer À la manière d’Eux, et certaines Méditations, ou les tres pompiers Jocelyn et la Mort de Socrate. Dur de rester grand poète. Le surnom que lui trouve Balzac, Canalis, dit tout de ce poète lacrymal dont Le Lac, malgré le Capitaine Haddock, reste un des sommets.

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  16. Vous êtes dur avec ce pauvre Lamartine

    « Que me fait le coteau, le toit, la vigne aride ?
    Que me ferait le ciel, si le ciel était vide ?
    Je ne vois en ces lieux que ceux qui n’y sont pas !
    Pourquoi ramènes-tu mes regrets sur leur trace ?
    Des bonheurs disparus se rappeler la place,
    C’est rouvrir des cercueils pour revoir des trépas ! »

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  17. Avouez, Paul, qu’au fond de vous-même, vous aviez peur que cette maison ne fût la maison du malheur et que vous avez voulu éviter de gâcher les vacances de votre famille en les laissant dans l’ignorance de votre découverte…

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