
| Je regardais hier Ă la tĂ©lĂ©vision la ville de Kiev vidĂ©e de ses civils, ses esplanades et boulevards dĂ©serts, ses rues vides, et ses feux clignotent orange aux carrefours. » Le silence de la ville Ă©tonnait l’oreille, comme si du ciel de grisaille il fĂ»t tombĂ© de la neige. » Une capitale attend « donc l’arrivĂ©e des troupes russes. Je me demandais : Ă quoi peuvent bien penser ces soldats ukrainiens qui attendent les soldats Russes ? Un rĂ©cit de 140 pages est consacrĂ© Ă cette attente du choc avec l’ennemi, c’est « Un balcon en forĂŞt » de Julien Gracq , dĂ©crivant les Ă©motions et les sentiments de l’aspirant Grange qui attend l’armĂ©e allemande avec quelques hommes dans une maison forte dans les Ardennes , entre l’automne 1939 et Mai 40. Gracq dĂ©crit ce qui empoisse et ronge dans cette attente. Premier extrait » : Ce qu’on avait laissĂ© derrière soi, ce qu’on Ă©tait censĂ© dĂ©fendre, n’importait plus très rĂ©ellement ; le lien Ă©tait coupĂ© ; dans cette obscuritĂ© pleine de pressentiments les raisons d’être avaient perdu leurs dents. Pour la première fois peut-ĂŞtre, se disait Grange, me voici mobilisĂ© dans une armĂ©e rĂŞveuse. Je rĂŞve ici — nous rĂŞvons tous — mais de quoi ? Tout, autour de lui, Ă©tait trouble et vacillement, prise incertaine ; on eĂ»t dit que le monde tissĂ© par les hommes se dĂ©faisait maille Ă maille : il ne restait qu’une attente pure, aveugle, oĂą la nuit d’étoiles, les bois perdus, l’énorme vague nocturne qui se gonflait et montait derrière l’horizon vous dĂ©pouillaient brutalement, comme le dĂ©ferlement des vagues derrière la dune donne soudain l’envie d’être nu. » Dans ce second passage du rĂ©cit, les soldats français qui entourent Grange sont rĂ©veillĂ©s tĂ´t le matin par le bourdonnement d’une escadrille d’avions anglais qui survole la forĂŞt des Ardennes. C’est la première alerte de l’arrivĂ©e de guerre. Voici comme Gracq l’exprime : ![]() « La nuit du 9 au 10 mai, l’aspirant Grange dormit mal. Il s’Ă©tait couchĂ© la tĂŞte lourde, toutes ses fenĂŞtres ouvertes Ă la chaleur prĂ©coce que la nuit mĂŞme de la forĂŞt n’abattait pas. Quand il se rĂ©veilla au petit matin, il lui sembla d’abord qu’il avait beaucoup rĂŞvĂ© : sa tĂŞte Ă©tait pleine d’un bourdonnement anormal, insistant. Il avait conscience d’un vif courant d’air frais et mouillĂ© qui coulait sur lui de la fenĂŞtre toute proche, mais cet air glissait sur son visage avec un toucher particulier, musical et vibrant, comme s’il Ă©tait issu d’un crĂ©pitement d’élytres. Il eut un moment dans son rĂŞve confus, le sentiment purement agrĂ©able que les heures s’étaient brouillĂ©es, et que l’aube de la forĂŞt se mĂŞlait Ă un midi torride, tout Ă©lectrisĂ© de cigales. Puis l’impression se localisa, et il comprit qu’une vitre de sa fenĂŞtre, dont le mastic Ă©tait tombĂ©, tout contre sa joue tremblait et tressautait sans arrĂŞt dans son cadre. « C’est ma vitre, se dit-il en replongeant sa tĂŞte dans l’oreiller, il faudra que j’en dise un mot Ă Olivon. ». – cependant, du fond de sa demi-nuit, sans la relier du tout Ă ce tressautement, il sentait en mĂŞme temps dans l’air du matin une note aiguĂ« d’urgence panique qui s’enflait de seconde en seconde, une espèce de grossesse fulgurante de la journĂ©e- il prenait aussi conscience, Ă©trangement, de la lĂ©gèretĂ©, de la minceur grotesque du toit au-dessus de lui qui paraissait s’envoler : il se recroquevillait dans son lit, mal Ă l’aise, nu et exposĂ© au cĹ“ur du grondement qui coulait du ciel et s’élargissait. Deux coups frappĂ©s Ă sa porte le rĂ©veillèrent cette fois complètement. -ça passe, mon yeutenant, fit Olivon derrière le portant. C’était une curieuse voix de gorge, d’une indiffĂ©rence un peu Ă©tranglĂ©e, posĂ©e quelque part entre l’incrĂ©dulitĂ© et l’affolement. Les hommes Ă©taient dĂ©jĂ aux fenĂŞtres, nu-pieds, Ă©bouriffĂ©s, bouclant Ă la hâte la ceinture de leurs culottes. Le jour n’était pas encore levĂ©, mais la nuit pâlissait Ă l’est, ourlant dĂ©jĂ de gris le vaste horizon de mer des forĂŞts de Belgique. L’aube mouillĂ©e Ă©tait très froide ; la plante des pieds se glaçait sur le bĂ©ton cru. Un Ă©norme bourdonnement qui montait lentement vers son zĂ©nith entrait par les fenĂŞtres ouvertes. Ce bourdonnement ne paraissait pas de la terre ; il intĂ©ressait uniformĂ©ment toute la voĂ»te du ciel, devenu soudain un firmament solide qui se mettait Ă vibrer comme une tĂ´le : on pensait d’abord plutĂ´t Ă un Ă©trange phĂ©nomène mĂ©tĂ©orique, une aurore borĂ©ale oĂą le son se fut inexplicablement substituĂ© Ă la clartĂ©. Ce qui renforçait cette impression, c’était la rĂ©ponse Ă la terre noyĂ©e dans la nuit, oĂą rien d’humain ne bougeait encore, mais qui s’inquiĂ©tait, s’informait çà et lĂ confusĂ©ment par la voix de ses bĂŞtes ; du cĂ´tĂ© des ButtĂ©s, dans la nuit froide oĂą les sons portaient très loin, des chiens hurlaient sans arrĂŞt comme Ă la pleine lune, et par moments, sur la basse du grondement uni, on entendait monter des sous-bois tout proches un caquettement d’alarme Ă©touffĂ© et cauteleux . De l’horizon, une nouvelle nappe de vrombissements commença Ă sourdre, Ă s’élargir, Ă monter sans hâte vers sa culmination paisible, Ă coulisser majestueusement sur le ciel, et cette fois, brusquement, les chiens se turent : il n’y avait plus qu’elle. Puis le grondement s’abaissa, perdant de son unisson puissant de vague lisse, laissant traĂ®ner derrière lui des hoquĂŞtements, des ronronnements rĂ´deurs et isolĂ©s, et des coqs Ă©clatèrent dans la forĂŞt vide, sur la terre stupĂ©fiĂ©e et vacante comme une fin d’orage : le jour commençait Ă se lever. Ils se sentirent soudain transis, mais ils ne songeaient pas Ă fermer les fenĂŞtres : ils guettaient, l’oreille tendue, les bruits lĂ©gers que le vent commençait Ă promener sur la forĂŞt. Olivon fit du cafĂ©. Il s’ouvrit une discussion assez chaude. Olivon, seul, de son avis, soutenait qu’il s’agissait d’avions anglais revenant d’Allemagne. – C’est Ă la flotte Ă Hitler qu’ils en veulent, mon yeutenant. Les Anglais, ils ne comprennent que ça, le reste ils s’en foutent. Grange Ă©tait toujours frappĂ© du clin d’œil affranchi qu’échangeaient les soldats quand il Ă©tait question de la politique anglaise. C’était pour eux le fin du fin du coup en dessous, un mystère exemplaire de fourberie sournoise. – On verra ça dans les journaux, conclut Gourcuff qui, dans le doute, dĂ©bouchait de bonne heure une bonne bouteille de vin rouge. Mais il fut clair assez vite que la journĂ©e ne se remettrait pas de sitĂ´t dans ses gonds. Un vrombissement de nouveau s’enfla vers sur l’horizon, moins fort cette fois-ci, sensiblement dĂ©calĂ© vers le nord, et brusquement la traĂ®nĂ©e assez lente de points noirs qui glissait au ras de la forĂŞt dans le ciel plus clair commença Ă cabrioler : deux, trois, quatre grosses explosions secouèrent le matin et, du ventre de la terre remuĂ©e, vers les cantonnements lointains des cavaliers, monta le hoquet rageur des mitrailleuses. Et cette fois, dans le carrĂ©, il se fit un silence. Une mèche de fumĂ©e grise, mesquine, presque dĂ©cevante après tant de vacarme, se tordait et s’effilochait lentement, très loin au-dessus des bois. Ils la regardèrent longtemps sans rien dire. |
Edition:Danger Immediat
A vingtième siècle, on a vu s’accélérer la disparition de maisons d’édition de tradition familiale et d’exigence littéraire(Flammarion, Denoel, Julliard,Plon) disparaître au profit de grands groupes,Hachette,Madrigal, Editis . Dans cette restructuration il y eut la disparition de fortes personnalités littéraires, très créatifs comme Maurice Nadeau, Christian Bourgois, Alain Robbe-Grillet, Lambrichs,Jérôme Lindon,Roger Grenier, au profit de…
Mon cher AndrĂ©, Mon cher Paul…
C’est au cours d’une flânerie récente sur un marché breton que je suis tombé sur la correspondance entre Paul Valéry et André Gide (Gallimard, 992 pages) .Plus de 600 lettres rédigées de 1890 à 1942 entre l’auteur des « Faux monnayeurs » et celui de « Monsieur Teste. » Immense boite à surprises que cette correspondance étalée sur plus…
Volley-ball
Cet été là pendant quatre semaines, je restais immobile,une jambe dans le plâtre, assis sur la digue de ciment de Dinard , à admirer les volleyeuses sur la plage. Elles jonglaient ,souples, vives, corps longilignes et ambrés . L’une, d’elle, longue, pâle, blonde, avec un maillot vieux rose délavé et son short blanc avait un…

Non. Sauf à considérer que l’Ukraine n’est pas un pays souverain et les ukrainiens des russes qui s’ignorent pour tenter de légitimer l’annexion criminelle de Poutine, plusieurs reportages ont au contraire monté des ukrainiens essayant tant bien que mal de préserver leurs monuments historiques des bombes de l’agresseur russe
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à vrai dire, JL, je ne le voyais pas non plus. On a tjs un peu tort de vouloir tirer le fil des arcanes mentaux d’un obscur érudit, pour éclairer les demandeuses d’éclairages.
« Tout passe »…, comme chez Boulgakov. Au suivant… Un nouveau papier enthousiaste comme toujours chez PE, pour qui l’usage diversifié des adjectifs amicaux restera quand même l’un des beaux-arts (W-A.)…
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Ă vrai dire, JL, je ne le voyais pas non plus. On a tjs un peu tort de vouloir de tirer le fil des arcanes mentaux d’un obscur Ă©rudit, pour Ă©clairer les demandeuses d’Ă©clairages.
« Tout passe »…, comme chez Boulgakov. Au suivant… Un nouveau papier, enthousiaste comme toujours chez PE, pour qui l’usage diversifiĂ© des adjectifs amicaux restera quand mĂŞme l’un des beaux-arts (W-A.)…
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sinon la préoccupation de quelque gratte papier > sinon manifester la préoccupation de quelque gratte papier ; la guerre pendante
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Je ne vois toujours pas ce que vient faire la Commune ni cette DrĂ´le de guerre avec l’actualitĂ©, sinon la prĂ©occupation de quelque gratte papier de s’y raccrocher pour tenter de faire valoir son maigre bagage « for real » ; la guerre en attente
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De la Commune je ne vois que Rossel à sauver. Ses œuvres figurent d’ailleurs dans ma bibliothèque. Mais personne ne me fera dire que Thiers était un ange sauveur, ou Gambetta un grand homme. Le sacrifice de l’Armée de Bretagne, coupable de s’être improvisée toute seule autour de Keratry, et en butte à la haine des bureaux de Tours, est un épisode assez lamentable pour n’être pas trop raconte. Consulter les actes du Procès Keratry ou de l’armée de Conlie, selon les noms.
J’ai participé sur la. fin aux activités du CMR17, qui s’y tenait, et je ne me souviens pas que Louis XIV se soit mêlé de Marseille.
Oubli peut-être ? Je suis ravi que des journalistes compétents parlent un peu d’ Odessa ces jours-ci. On peut aussi consulter le dernier et récemment paru Journal des Arts.
Un Balcon en Forêt est un peu tout cela à la fois: l’homme et la Lutine, le passage de la. Guerre, le choix d’un destin’ et à l’Arriere-plan, une sorte de jeu archetypal avec le Roman du Moyen Âge : la fée, le chevalier, ses hommes, son dernier’ écuyer. La dilution du binôme peut suggérer à la fin la dilution du personnage, parti vers un futur incertain d’où il ne reviendra peut-être pas. Curieux que le capitaine s’y appelle Merlin, me semble -t-il… Bien à vous. MC
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@ M.,
1 – je voulais prĂ©ciser Ă MC/PR que des journalistes faisaient aussi leur boulot..; contrairement Ă l’ignorance crasse dans lesquels il les tient tous a priori. Voir par ex. le papier de JB Naudet sur « Odessa la rebelle' », dans le mĂŞme n° de l’Obs oĂą a publiĂ© E Carrère… Les sources historiques de ce journlsites sont les mĂŞmes que celles de MC, voire bien plus Ă©toffĂ©es.
2 – je ne mĂ©sestime par le rĂ©cit de la DrĂ´le de guerre chez Poirier Lucien… Mais il est des moments oĂą des parallèles lĂ©gitimes ne font pas sens immĂ©diat pour tout le monde, simultanĂ©ment.
3 – Sur les conseils de PE, je suis en train de lire Vers l’abĂ®me (d’E Kästner) dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’avant lui… Mes neurones de lecteur prĂ©occupĂ© par l’attitude des Russes en ce moment se connectent plus volontiers avec sa peinture de l’Allemagne de Weimar qu’avec celle de J. Gracq.. Quant Ă Isherwood ou les Mann Ă Berlin, ce sont des souvenirs autres…, de nature fort diffĂ©rente.
Bref, il est souvent difficile de convaincre chacun de la pertinence de l’activation de ses propres souvenirs littĂ©raires face aux Ă©motions de l’actualitĂ© du moment… Mais je vous reconnais le mĂ©rite de tendre (sans fulminer comme notre ami de dispendieuse Ă©rudition, contre les « incultes » en tous genres) des perches .sur autre chose d’alignable (ex. les nouveaux rapports de force sino soviĂ©tiques)
Je ne doute pas soyez une femme très cultivée et, surtout, de bonne volonté constructive et pacifique. Bà v,
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Je partage avec vous ceci sur les rapports de force dans notre monde :
https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/relations-chine-russie-le-risque-est-de-voir-l-occident-s-isoler-%C3%A0-son-tour/ar-AAUV2zH?ocid=entnewsntp&pc=U531
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JJ-J
Petit rappel se soucie du patrimoine d’Odessa, vous rĂ©agissez au quart de tour en donnant votre point de vue, je livre le mien. VoilĂ , on tente de discuter, notamment entre personnes qui dans la rĂ©alitĂ© ne se seraient sans doute jamais croisĂ©es et ne seraient peut-ĂŞtre jamais parvenues Ă se lire et Ă nouer le dialogue …
exemple Margotte / MC
Par les temps qui courent, je trouve qu’on sauve les meubles, quoi …
Par ailleurs, vous Ă©crivez « C’est qu’on dĂ©colle (sur ce blog) très rapidement dans la stratosphère Ă partir du simple tarmac d’un balcon en forĂŞt »
Permettez mais l’adjectif « simple » me semble assez mal appropriĂ©.
« Le balcon en forĂŞt » n’est pas qu’un petit conte du soir après brossage des dents et au lit ou qu’une Ă©trange histoire d’approche et d’amour entre un homme et une gracieuse lutine des bois ou une succession de sortilèges poĂ©tiques.
Le rĂ©cit Ă©voque la DrĂ´le de guerre, l’arrivĂ©e de la guerre (la seconde guerre mondiale en territoire français), et donc l’invasion de la France par l’Allemagne nazie (nazie, je souligne) et la dĂ©route et la dĂ©faite qui ont suivi. Il ne s’agit pas d’Ă©vènements poids-plume de notre histoire nationale, tout de mĂŞme… et c’est un rĂ©cit tout sauf simple (cf. la sĂ©rie de discussions successives qu’il a engendrĂ© Ă plusieurs reprises Ă la RDL ou ici, pour illustration)
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autre exemple :
https://museefrancoamericain.fr/collection/objet/la-cathedrale-de-reims-septembre-1917-1917
Voir par ailleurs écrits de Proust et Barrès sur le sujet.
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@JJ-J
Oui, je suis bien que vous vous adressiez Ă Petit rappel. sauf que … nous sommes sur un blog et que je me suis permise de m’insĂ©rer dans votre conversation afin de donner mon point de vue sur le rapport fort qu’il existe Ă mon sens entre individus et patrimoine/art (que ce rapport soit conscient ou inconscient) et que cela est fort bien connu des dictatures rĂ©pressives et/ou des Ă©tats en guerre.
Je dirais mĂŞme que, malheureusement, cela relève des « classiques et incontournables » de la rĂ©pression et/ou de la guerre.
C’est une manière de punir dans leur chair et dans leur identitĂ© ceux qui se rĂ©voltent, ente autres. Les Grecs anciens avaient recours Ă ce genre de pratique. Louis XIV a puni Marseille en partie ainsi, je crois. Ceaucescu a dĂ©truit des villages entiers et installĂ© des populations dans des cages Ă poules en ville, et a ainsi pu gommer toute une vie disons « ancien rĂ©gime » et incompatible avec le cĂ©aucescuisme, Bachar El Assad a fait de mĂŞme pour Oms, me semble-t-il.
On ravage et affaiblit les hommes, leur capacité et volonté de résistance, et leur équilibre mental, en détruisant volontairement non seulement leurs résidences, leur ville, mais aussi les monuments à caractère historique et patrimonial qui leur sont des repères quotidiens, des attaches sentimentales, affectives, familiales ou identitaires ou symboliques.
Il est espéré ainsi terrifier, casser et mater les individus en les dégradant à tous les niveaux.
et puis tant qu’Ă faire, en dĂ©truisant tel ou tel monument du passĂ©, fortement chargĂ© symboliquement et prĂ©sentant un intĂ©rĂŞt historique et artistique Ă©levĂ© voire incintestable, il est possible de blesser et et sidĂ©rer l’humanitĂ© pratiquement toute entière – – et non de se contenter seulement d’attaquer le groupe/population/peuple en prioritĂ© visĂ©.
Quant Ă ce que pense M. Court de la Commune de Paris … je le devine sans trop de peine … ;-)
N’empĂŞche qu’en dĂ©pit de mes opinions sur La Commune (qui ne concernent que moi), en me regardant sincèrement yeux dans les yeux, je pense que voir brĂ»ler le Palais des Tuileries, l’HĂ´tel de Ville ou savoir que Le Louvre aurait pu ĂŞtre terriblement saccagĂ©, m’aurait fait frĂ©mir voire durablement affectĂ©e et dĂ©sespĂ©rĂ©e.
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Bon lĂ , je vais encore devoir passer ma journĂ©e dans mes vieux papaiers pour reconstituer la Damnatio Memoriae, faire connaissance avec le très minable Raoul Rigault et mon miraculeux Bernardin de Sigogny et visiter le Brasier de Nicolas Chaudun… Je sais pas si, Ă la fin de la journĂ©e, j’aurai rĂ©ussi Ă dĂ©crypter toussa, ça vole toujours assez haut du plafond chez Paul Edel, c’est ça que j’aime dans son blog, on risque pas de se cogner la tĂŞte au sens propre du terme, au sens figurĂ©, un peu quand mĂŞme… C’est qu’on dĂ©colle très rapidement dans la stratosphèreĂ partir du simple tarmac d’un balcon en forĂŞt …, suffit d’appuyer sur le bon bouton (de Dion). Hein ! :-)
Amicalement Ă tous.tes, et Ă bintĂ´t peut-ĂŞtre, avec trois aspirines effervescents pour tenir le choc !
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Ces destructions ne sont pas prétendues mais documentées, et une synthèse grand public est disponible dans le Brasier de Nicolas Chaudun. Je prie qu’on ne mette pas dans le même sac la canaille communarde qui a bien failli brûler le Louvre , merci Bernardin de Sigogny d’avoir sauvé le musée, et les malheureux Ukrainiens qui ne peuvent que se défendre face à un maître dont la stratégie repose sur la terreur et la destruction. Pour le reste, devant l’inculture des médias sur Odessa, il était plus que légitime de le rappeler. Que les bons esprits aux âmes blanches s’intéressent , avant de prétendre que j’invente quoi que ce soit ,aux raisons de la Damnatio Memoriae persistante du tres minable Raoul Rigault. MC
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La subtilité Margotte disparait de nombreux blogs. Evident..
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m’enfin… je ne m’adressais qu’Ă Marc Court dit, Petit rappel sur une autre chaine, pas Ă vous, Margotte, voyons doncle !
il voulait parler j’imagine des prĂ©tendues exactions des Communards contre les Tuileries, un sujet qui lui est cher pour fustiger leur barbarie de 70, dont ils n’est jamais revenu… Un peu comme les sans culottes arrachant des tĂŞtes de toute la statuaire gothique, etc, etceterac… A moinss de n’avoir rien compris moi mĂŞme comme d’hab… Cet homme est en gĂ©nĂ©ral si emmitouflĂ© dans ses certitudes, il est souvent amenĂ© Ă Ă©tablir d’audacieux parallèles transhistoriques… Hein, BĂ v,
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@JJJ
Je prĂ©cise que je ne suis pas l’auteur du « Petit rappel » et que je ne comprends pas le terme de « Commune ».
J’ai tendance moi aussi Ă privilĂ©gier l’humain.
sauf qu’Ă mon sens, il convient de rester vigilants car ĂŞtres et patrimoine vont de pair. et leur porter atteinte Ă tous deux s’est dĂ©jĂ , maintes fois par le passĂ©, puissamment idĂ©ologique (dĂ©truire / faire table rase … de tout) :
exemple 1 : extermination programmĂ©e et massive des Juifs >> atteinte très profonde et tragique Ă la culture yiddish dans l’Est de l’Europe >> disparition des shtetl et une langue Ă bout de souffle aussi.
exemple 2 (sans aucune comparaison) : RĂ©volution française >> chute de l’Ancien RĂ©gime >> traque et assassinats d’aristocrates >> vandalisme et destruction de biens aristocrates qui se voient regardĂ©s progressivement comme patrimoine national et finalement pour une partie d’entre eux protĂ©gĂ©s.
je me suis exprimĂ©e avec mes mots. certainement très discutables. Je ne prĂ©tends pas hĂ©las atteindre la subtilitĂ© mĂŞme que je veux dĂ©fendre …
Mais actuellement, est-il encore possible d’ĂŞtre subtil ?
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https://www.cinemutins.com/pour-sama
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Waad al-Kateab est une jeune femme syrienne qui vit à Alep lorsque la guerre éclate en 2011. Sous les bombardements, la vie continue. Elle filme au quotidien les pertes, les espoirs et la solidarité du peuple d’Alep. Waad et son mari médecin sont déchirés entre partir et protéger leur fille Sama ou résister pour la liberté de leur pays.
Ce film fait partie de la sélection du festival des d
roits de l’Homme, hĂ©bergĂ© ici pendant le « couvre-feu »
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@ une nouvelle Commune téléguidée du Kremlin
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dĂ©cidĂ©ment… la crainte suscitĂ©e par le danger des destructions patrimoniales tĂ©lĂ©guidĂ©es (!) Ă Kiev ou Odessa (dans l’indiffĂ©rence gĂ©nĂ©rale (sic)) sera toujours un motif de prĂ©occupation chez d’aucuns, bien plus intense et profond que l’extermination de quelques millions d’ĂŞtres humains passĂ©s par pertes et profits d’une agression tout Ă fait normale… Oser Ă©voquer une nouvelle « commune » tĂ©lĂ©guidĂ©e !.. Faut-il avoir la cervelle d’historien (?) un brin dĂ©rangĂ©e, tout de mĂŞme…
Serions-nous assis autour d’une table de Schrödinger pour coexister de la sorte, aussi Ă©tranges les uns des autres sur la mĂŞme planète, au bord de l’abĂ®me d’un trou noir ?
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Merci de cette clarification. Il existe un underground contraint Ă Kiev et ailleurs en Ukraine. Un natif de Caen peut y ĂŞtre sensible.
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Oui Langoncet , je ne voyais que des rues vides, la nuit .. je décris ce que je vois..
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Kiev, son centre ancien, spirituel et architectural. Odessa, dont on semble oublier qu’elle doit beaucoup à l’émigration du Duc de Richelieu, dernier du titre. Il y a où il y avait sa statue pour en témoigner…Et dans l’indifférence générale, le danger de voir une nouvelle Commune téléguidée du Kremlin faire disparaître ces merveilles…
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« Je regardais hier à la télévision la ville de Kiev vidée de ses civils »
D’oĂą tenez-vous cette information, Paul Edel ? Il semblerait plutĂ´t que les civils se terrent …
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Saša Stanišić l’exprime Ă©galement très bien, mais du point de vue des civils et particulièrement d’un jeune garçon passant de l’enfance Ă l’adolescence, « Le Soldat et le Gramophone ». La guerre se fait chez les voisins. Elle inquiète mais pas tant que cela. Elle couve mais elle paraĂ®t loin. et en une poignĂ©e d’instants, elle est fait irruption en Bosnie, dans la ville, se rĂ©pand en bruits, en violence, et modifie les habitudes, les vies, les liens.
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