Le théâtre de Michel de Ghelderode a quasiment disparu des scènes françaises, et c’est vraiment dommage car ce belge d’ascendance flamande et francophone a écrit de grandes pièces. C’est en 1934 que cet écrivain

(1892-1962) ,né à Ixelles, auteur de plus de 80 pièces, écrivit sa pièce la plus célèbre « la Balade du Grand Macabre ».
L’auteur a raconté qu’il en avait recueilli le thème vers 1917 dans les estaminets du quartier des Marolles, en interrogeant des montreurs de marionnettes sur leur plus vieux répertoire. Le résumé de l’intrigue est simple : « c’est l’histoire de la Mort qui part en ribote, qui saoule, s’endort si profondément qu’on la croit morte et que ses deux compagnons de beuverie veulent enterrer. L’originalité de cette vieilles histoire vient du fait que Ghelderode a fait de La Mort un personnage burlesque . Et en même temps, il élargit ce thème pour déployer et montrer « la déchéance des hommes qui ont perdu le sens de la joie et de la liberté ». A la lecture, on voit bien que cette pièce truculente, carnavalesque, farceuse est faite pour les kermesses flamandes, pour la piste de cirque, le plein air. Il installe le chapiteau de la « breugellande » où elle est précisément située. Elle tient de la pantomime et il faudrait être un Fellini -celui de « Huit et demi »- pour restituer son foisonnement trivial, sa truculence fantasmagorique , cette sarabande d’ivrognes, de soudards, de princes de carton-pâte, de libertins discoureurs et de jouisseurs à nez rouges . De ce que l’auteur nomme « la grande Gueule de la foule » au milieu de cette panique, naît une euphorie car la proximité de la mort délivre les personnages de leur masque social qui les retenait prisonniers. Une lumière joyeuse se répand comme dispersée à travers les trous d’une passoire entre les couards et les courageux, les insolents, ou les timides, les bouffons, les joyeuses luronnes bien en chair, des pantins et de purs amants . C ‘est un théâtre traversé de violence, de passions, de retournements cocasses, d’influence mystiques , de cruauté, en déséquilibre entre rire et terreur. Tout ceci s’épanouit dans une langue rabelaisienne qui mêle l’argot, la familiarité,la scatologie, la préciosité, la verve blagueuse et fait ressortir « la drôlerie des angoisses « comme l’a écrit le critique Jacques Lemarchand.

Ses pièces présentent souvent des cortèges où se jouent la mort, la volupté, la haine, mais le tout est brassé par la même incandescence langagière. Le tragique les traverse avec cette nostalgie de l’homme d’un monde d’avant , avant les carcans religieux ou philosophiques, avant l’étouffoir des morales officielles qui corsètent et briment l’humanité . Monde d’avant les contrôles , les juges, les inquisiteurs, les flagellants les censures, les tribunaux, les barrières morales pour retrouver un hymne à la vie primitive, son déferlement de joie populaire.. Cette bouffonnerie démoniaque , avec ses fantoches possède une espèce de somptuosité frénétique bondissante sur le thème moyen-âgeux de le Mort en balade avec sa faux bien aiguisée Ou bien, comme dans « Barabbas », surgit la obsession de la mort du Christ. Tout n’est pas d’une égale qualité dans les cinquante grandes pièces. Mais toutes ont une fièvre, et possèdent un appel d’air pour fuir un monde contemporain qui étouffe. Une partie du talent de l’auteur se dévoile dans ses nombreuses didascalies superbes à découvrir mais, dans leur somptuosité macabre et leurs enluminures moyenâgeuses se transforment en vrai casse-tête pour un metteur en scène. Ce théâtre repose en fait sur une écriture énergique, fantasque, jubilatoire, syncopée, aussi fluviale et à surprises que celle d’Audiberti..

Ne nous cachons pas qu’il y a des accents de misanthropie et de la misogynie. L’auteur, dans ses entretiens, s’explique : »Il n’y a pas de haine chez moi ! Pourquoi voulez-vous que la haine qui éclate dans ce théâtre à l’égard de la femme, soit ma haine, soit celle de l’auteur à l’égard de la femme, qui ne m’a rien fait ? Vous vous trompez ! Non, je ne la charge pas, ce n’est pas moi. Ne me rendez pas responsable du scénario : le scénario n’est pas forcément l’expression d’un drame ou d’une comédie que j’ai vécus et n’est pas une vengeance que j’exerce ! » Dans un même élan temps, l’auteur réussit des couples tendres et suggère des douceurs et des fidélités amoureuses d’un très limpide éclat. On a l’impression que dans cette kermesse façon Till Eulenspiegel , cette fête de la bière en bordure de cimetière, on reste proche d’une chambre de tortures là où le diable fait sauter dans sa casserole juges et militaires, princes, soudards , jeunes vierges, poètes paumés et prostituées, amants , mégères et poivrots .
Ghelderode ose tout. Il endosse aussi bien les rôles de Falstaff et d’Ubu, que de Faust ou de Don Juan. L’amoureuse misère du monde « cavalle joyeusement » . Il conduit en diable malicieux une torsade de personnages truculents se tiennent par la main et entonnent une dernière chanson à boire avant le grand saut.
Dans ce théâtre-tourbillon l’auteur déchire le rideau des apparences . Il fait entendre de curieuses musiques de crin-crin, des grelots du Fou,des grincements d’os, des râles, des extases, des coups de fouets.

Le décor s’inspire des toiles de Jérôme Bosch et surtout de Breughel l’Ancien . « Ô Breugellande perdue ! » s’exclame un personnage, tandis qu’un autre roule sous la table en clamant « Pleurons,pleurons sur ces splendeurs abolies ». Les lieux font référence à des quartiers de Bruxelles, ou à des ports flamands, à des kermesses.dans les pièces courtes, souvent excellentes dans leur brièveté , on trouve un petit bar pour marins « avec des dorures passées », un cabaret de banlieue avec une sculpture sur bois d’une sirène. ou une chambre sous les combles,une foire avec d’innombrables marchands .La religion offre aussi des décors.Une chapelle romane,par exemple. Une pièce comme « Mademoiselle Jaïre » doit être jouée comme un Mystère sur un parvis. « Barabbas » se joue sur une pente du Golgotha.
Ghelderode a une prédilection pour le style baroque. Il privilégie des salle de palais avec « d ‘opaques tentures perpétuellement agitées par des souffles et montrant des traces de blason effacés » comme dans ce « drame en un acte » « Escurial » d’une quinzaine de pages.
C’est à prendre ou à laisser.

Je prends.
Mais on se demande d’où vient cette si singulière inspiration. L’enfance de l’auteur explique pas mal de choses.
D’après Wikipedia, Adémar Martens naît à Ixelles le 3 avril 1898est issu d’une famille flamande de Bruxelles. Les Martens étaient déjà établis à Waarschoot au milieu du XVIIIe siècle, et tous les ancêtres d’Adémar pour le côté paternel, ayant pour noms Paesbrugge, De Rijcke, Van Laere, etc., sont issus des villages de Waarschoot, Zomergem, Hansbeke. Les ancêtres du côté maternel, ayant pour noms Rans, Dejongh, van Calsteren, Van Meerbeek, etc., sont issus de Louvain et des villages d’alentour Herent, Pellenberg, Wezemaal, Rotselaar.
De son père, employé aux Archives du Royaume, il hérite du goût pour l’histoire, en particulier pour les époques du Moyen Âge, de la Renaissance et de l’Inquisition. De sa mère, il retient les légendes et histoires des petites gens racontées au coin du feu. Élevé dans un collège catholique de Bruxelles, l’Institut Saint-Louis, il vit dans une ambiance religieuse qui le terrifie et, lorsqu’il perd la foi à l’adolescence, il continue à croire aux puissances du mal.
De son éducation religieuse, il retient les aspects rituels et magiques, théâtraux, qui continueront à nourrir son œuvre et à le fasciner. Son père l’emmène à l’opéra, au théâtre de marionnettes, le Théâtre royal de Toone (à la défense duquel il participera plus tard et pour lequel il écrira plusieurs pièces), il passe du temps aussi à parcourir la foire du Midi. Les fastes de l’opéra, le caractère populaire des marionnettes et les tréteaux de foire seront, avec l’Histoire des Flandres et du Brabant , ses sources .
Depuis la fin des années 50, on ne ne monte pratiquement plus en France cet auteur. Pourquoi ?

Les raisons sont multiples. Connu d’abord comme poète, auteur de contes façon flamande et écrivant d’abord en flamand, quand il se mit à écrire et publier en français ,il fit figure de traître pour les flamands. Il commit la faute de faire jouer ses pièces sous l’Occupation et à les laisser diffuser à la Radio belge sous contrôle allemand. Ajoutons aussi son caractère rugueux, sa misanthropie, son refus de sortir de chez lui, et de fréquenter le Milieu littéraire bruxellois .Tout ceci lui fit pas mal d’ennemis . Il a fallu l’acharnement de quelques metteurs en scène pour le monter à Paris apres guerre. C’est en 1946 qu’une jeune compagnie, « le Myrmidon » présenta « Hop signor » puis « Fastes d’enfer » aux parisiens, stupéfaits de cette œuvre mystico-comique. Michel de Ghelderode occupa alors les scènes parisiennes dans les années 50 et début 60.Il fut monté aussi bien par André Reybaz que par Roger Planchon. Puis ce fut soudain, après le surgissement de Brecht,la découverte de l’Absurde , avec Samuel Beckett et Ionesco. Par ailleurs les pièces de Sartre et celles de Camus ,la mode du théâtre engagé remplirent les salles françaises et provoquèrent d’abondantes polémiques dans la critique. Exit Ghelderode .
Par chance ,en 2014, au Festival d’Avignon, deux pièces furent montées « Le guetteur » et « Les six vieillards » mis en scènes par Josse De Pauw, compagnon de route historique d’Anne Teresa De Keersmaeker et de Jan Lauwers Dans un hospice, six vieillards endormis sont réveillés par des tintements de cloches, d’autant plus étranges qu’il n’y a pas d’église dans les environs. Le plus valide monte jusqu’à une lucarne et décrit à ses compagnons l’arrivée d’un cavalier «qui est peut-être une ombre». La terreur les gagne. Mais on découvre que la mort qui s’approche est une figure de carnaval, les vieux passent de la terreur à la rigolade.
Le spectacle remporta un vrai succès. Il est temps de le revisiter ce fou furieux hilarant d’autant que par son souffle, son côté farcesque, ce théâtre demande les gradins, le plein air, la foule, la fête, la ferveur, bref Avignon et ses pèlerins , et surtout la folie d’un metteur en scène. On attend.
pas vu la machine . Lire « sans niaiserie » Le Grand Macabre reste une pièce formidable dont il faudrait peut-être parler avec respect….
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Au moins, hein, sinon rien.
Ces gens sans jardin !
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de Geldherode le méconnu , au moins lire la Ballade du Grand Macabre, le recueil Sortilèges ( Marabout) et au tout début des années 1960, les Entretiens d’Ostende, où il parle très bien, sans jaonaiseries, de lui-même. MC
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Cette danse indonésienne que vous évoquez doit etre le lieu où le masculin et le féminin se rencontrent dans un seul corps pour apporter une paix intérieure.
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Le sujet de Paul, Michel de Ghelderode, je ne sais rien de lui.
Pourquoi est-on parti sur Jean Genet ?
En tout cas, la danse indonésienne dont je parlais, il ne s’agissait pas d’un jeune homme, mais d’un homme ayant la quarantaine, ni efféminé, ni androgyne, ni transgenre. Cet art doit avoir une signification.
À bientôt,
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Tous vos souvenirs, Rose, donnent à cet échange des inflorescences. Nous pourrions effectivement évoquer le génie de Matisse mais il faut resserrer autour des thèmes abordés par Paul Edel. Le lien entre Jean Genet et les représentations du kabuki, cette incise de PE évoquant pour Genet ce trouble des garçons prenant l’apparence des femmes
Surgir d’un nom, kabuki, pour approcher Jean Genet. Cette danse ambigüe de Matisse ou cinq danseurs brouillent leur identité. Semblent échapper au temps.
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L’ai longuement admiré aussi, la Danse, à Nice. Sa technique de gouache découpée, la danse, le nu bleu, la piscine. Ses/ces corps en mouvement qui s’articulent conjointement. Dès 1938, il habite l’hôtel Régina dans un appartement aux immenses volumes qui lui permettront de mettre en place son travail.
Plus tard, lorsqu’il travaillera les vitraux de la chapelle des dominicaines à Vence, il réutilisera en bien plus petits ces morcellements. Une oeuvre immense !
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J’ai évoqué une danse car les historiens du théâtre japonais datent la naissance du kabuki vers 1605.
C’était une danseuse du temple d’Izumo, O.Kuni, qui présentait, sur des tréteaux, des danses d’origine bouddhique. Elle regroupa autour d’elle une troupe féminine, à laquelle vinrent se joindre des acteurs de kyôgen sans emploi.
Puis le kabuki, fut interdit aux femmes et aux éphèbes, jugé trop erotique. Il fut confié à des hommes interprétant des rôles féminins.
Quel méli-mélo !
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Quel lien Jean Genet avait-il avec son corps ? Beaucoup de fractures…
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Oui, Rose, j’ai longtemps regardé La danse de Matisse au centre Pompidou. Des corps cherchent leur enchaînement, chacun lié à son Autre. On ne pense plus masculin, féminin. C’est la ronde qui l’emporte. Les corps et la musique qui les emporte. Dans la grande toile, un silence dansé . Un vide bleu où les corps danseurs se lancent. Le féminin, porteur de vie se fond dans la pensée faite corps. La danse devient une écriture de sérénité. Accrocher un geste à l’autre. Innocence. Corps partagés. Un langage fait de désir. Un entre-deux où le théâtre Kabuki éveille la femme dans un corps d’homme. Ils s’arrachent at la pesanteur. Le sexuel devient passage et les corps dansant le porte au-delà de lui-même. Les manques s’échangent, l’identité de fait, se défait, se refait. D’autres corps possible dans la rencontre.
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Christiane,
ai vérifié hier soir, cela ne paraît pas appartenir au Kabuki. Pck la danseuse n’est pas grimée de manière outrancière. Et qu’il n’y a pas de jeux de rôles, puisqu’elle est seule. À réfléchir, on dirait une merveilleuse chrysalide dont sortirait un papillon. Et si on continue à réfléchir, l’homme sort bien de la femme !
« C’est surtout son enfance qui m’a émue. Ce manque d’amour, d’attention, cet abandon, ses placements dans des institutions sadiques puis la prison… »
Je n’en sais pas beaucoup. En prison, il a été sous la protection d’un mac, en échange de services sexuels. Peut-on parler d’amour ? Je n’en sais rien.
Ensuite, bien plus tard, il y eût la même fascination pour lui que pour Camus de la part des intellectuels germano-pratins : ces petits sortis de nulle part qui en savaient bien plus que ces têtes pensantes (grosses têtes ) ! C’est ainsi que l’entre-soi s’écroule et que chacun a sa chance, tout le temps. Et c’est ainsi, aussi, que des ruines sortent des choses extraordinaires, au prix d’un travail considérable !
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Christiane,
au forum de Humboldt, immense musée crée dans le palais en ruine du roi guillaume (?), il y a un étage consacré aux continents/civilisations, dont celle d’Asie.
https://www.humboldtforum.org/de/programm/dauerangebot/ausstellung/ethnologische-sammlungen-und-asiatische-kunst-46021/
Là, dans la salle où sont exposées les marionnettes du théâtre d’ombres indonésien est projeté un film.
il m’a semblé long. Un danseur, un musicien.
À l’opposé total de Noureev, la danseuse, c’est une femme, ne vole pas. C’est drôle : la danse est face à nous (un peu comme une grenouille, pattes avant et arrière écartées) et l’ensemble des mouvements tourne autour des mains et des bras, et des pieds et des jambes. La tête un peu, dans un axe que nous ne maîtrisons pas, et qui a lieu aussi dans la danse indienne.
Répétition, cela m’a semblé long, alors que rapidement j’ai saisi : lors de cette danse subtile et articulée, la danseuse se déshabille lentement et apparaît un homme qui a joué la femme.
Cela fait partie des choses qui me dépassent mais je reste attentive.
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J’ai découvert des œuvres érotiques d’Utamaro ou d’Hokusai dans une exposition au Musée Guimet. La figure de l’androgyne à l’identité fluide efface les critères codifiés du masculin et du féminin. C’est très étonnant.
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A moins que masculinité et virilité ne se conjuguent pas sur le mode de la sexualité au Japon.
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Je ne crois pas que ce faux-semblant ait pu le faire rêver … c’est le corps des hommes qui attisait ses désirs, tel que je l’ai compris dans Le journal d’un voleur et autres écrits ainsi que dans son journal.
Le Kabuki… Ce doit être plutôt une question de rythme, de mouvement, de décalage entre les paroles et le mythe qui s’y dévoile. Enfin, je navigue à vue dans une oeuvre que je connais mal ( surtout le théâtre) dispersée, déchirée, se perdant à la fin dans des positions politiques contestables où l’antisémitisme était présent.
C’est surtout son enfance qui m’a émue. Ce manque d’amour, d’attention, cet abandon, ses placements dans des institutions sadiques puis la prison..
Je crois qu’il a souffert et perdu sa chance dans ce monde hostile.
Des amitiés intellectuelles qui tenaient parfois de l’engouement ont dû le… distraire un temps
Un beau visage peint par Giacometti tout refermé sur son obscurité. Un corps massif, lourd. Un homme fatigué…
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Vous me faites rire !
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Pourquoi le Kabuki intéressait Genet? je crois qu’il aimait l’idée que les jeunes garçons très maquillés jouaient les rôles féminins à s’y méprendre.
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La mort et l’érotisme comme celle d’un maudit qui poursuivrait éternellement sa punition ? Il semblait en souffrir mais peut-être ne souhaitait-il rien tant que pousser à son comble cette malédiction. Un érotisme tourmenté. Un théâtre comme une confession érotique ?
Pourquoi le kabuki ?
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Jean Genet n’a jamais rien caché de ses ambitions ni de ses influences. Il a toujours été extrêmement précis pour analyser quelle révolution il voulait dans son théâtre .D’abord ’il voulait des représentations de plein air et jamais dans les bonbonnières bourgeoises. En cela il est proche d’ Antonin Artaud qui l’a marqué.
Ses sources ? Pour le théâtre, dans une lettre à Jean-Jacques Pauvert, il précise bien quels sont les trois modèles dont il s’inspire : 1) le théâtre doit devenir un cérémonial à la façon des théâtres d’Extrême-Orient, et notamment le kabuki.
2) Il veut un cérémonial qui s’inspire du rituel de la messe catholique, mais cette sacralisation doit se faire dans un rite inversé à celui de la messe catholique , ce qui consiste -entre autres- à ne pas donner le pain de la vie éternelle , mais à donner la mort -ou la recevoir- pour accéder à, la sainteté.
3) Genet dit aussi que dans son théâtre, le jeu doit être « aussi chargé de gravité que le jeu d’enfant ».
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Qu’aviez-vous écrit sur Genet ?
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Désolée pour les variations de signatures. Elles ne dépendent pas de moi !
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sourd
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dans cet entretien avec Roger Iglesias il interroge la monstruosité dans l’homme, l’hypocrisie des bien pensants, analyse le sens de ses oeuvres dont le but n’est pas de faire scandale mais de dénoncer la vérité sous les apparences.
Le monde d’Ensor est un monde masqué, funèbre où le rire sord comme une larme.
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Je ne trouve pas, mais si vous l’y voyez…. MC
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Lumière, mais lumière inquiétante. Celle que poursuivait Ensor. Ça de cette lumière dans les mots.
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« Michel de Ghelderode, c’est le diamant qui ferme le collier de poètes que la Belgique porte autour du cou. Ce diamant noir jette des feux cruels et nobles. Ils ne blessent que les petites âmes. Ils éblouissent les autres. »— Jean Cocteau
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Bien la Danse Macabre de Kermaria en Isquit glissée dans un propos qui ne l’appelle peut-être pas. Pour avoir assisté à Wallonie-Bruxelles à une pièce moins connue, et avoir lu son théâtre, je puis dire que nos amis belges se souviennent mieux que nous que Paris fut « Geldherodisee », comme on disait ailleurs. Deux choses. Je ne crois pas que la Guerre ait joué beaucoup. Les Entretiens d’ Ostende datent je crois des années 1960. Enfin , le conteur fantastique de Sortilèges me paraît un peu négligé. Après, chacun à son Ghelderode…, Bien à vous. MC
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Ce billet est lumineux. Beaucoup aimé, aussi, « Raconter sa vie ».
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Merci Christiane, de ma Bretagne.
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extraordinaire plongée dans cet univers onirique.
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